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Tunis - Mardi 02 mars 2010
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Le Chef de l'Etat confère avec le Premier ministre:
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Editorial
Gare à la douche froide!

Le président français a annoncé, il y a quelques jours, qu’il prendrait prochainement des initiatives avec le président de l’Autorité palestinienne pour débloquer le processus de paix au Proche-Orient. Comme il n’a pas donné de précisions à ce sujet, l’attente d’une agréable surprise a caressé l’imagination de tous ceux qui sont épris de paix et de justice. Réaction d’autant plus légitime que Nicolas Sarkozy est considéré comme un des rares chefs d’Etat occidentaux à avoir pris fait et cause pour l’établissement d’un Etat palestinien viable et indépendant, cohabitant avec Israël dans la paix et la coopération. Il l’avait d’ailleurs déclaré sur un ton ferme à l’issue d’une visite mémorable dans la région où il avait également évoqué le problème du Golan, véritable pomme de discorde entre la Syrie et Israël. Il avait fait montre alors d’une courageuse lucidité dans sa vision du conflit israélo-palestinien et israélo-arabe, s’inscrivant dans la grande tradition de la politique arabe de la France telle qu’elle avait été initiée par De Gaulle et poursuivie par Jacques Chirac.

Ce souci d’avancer sur le chemin de la paix, acceptons-en l’augure et accordons à la France le préjugé favorable. Mais il reste quand même un soupçon. Et si cela n’était que des paroles en l’air, justes bonnes pour la consommation à l’adresse du citoyen arabe? C’est que, un autre apôtre de la paix avait douché l’opinion publique de la région de la façon la plus traumatisante. Il s’agit de Barack Obama qui a fait entrevoir dans un discours prononcé au Caire, en juin dernier, les meilleures intentions à l’égard de la cause palestinienne. Des signaux très forts ont été perçus par le monde arabo-islamique. On y décelait une vision civilisationnelle à laquelle l’Amérique ne nous avait guère habitués, et surtout la prise de conscience de la centralité du conflit israélo-palestinien dans le destin du monde. La suite des événements devait montrer que ce n’était que du vent. Un sirocco très desséchant!

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NOTRE TOURISME DOIT SORTIR DES SENTIERS BATTUS

hassen.chaari

43,2% de notre tissu touristique sont des hôtels 4 et 5 étoiles contre 35% pour les hôtels 3 étoiles et 21% pour les autres catégories

 

Le tourisme occupe une place de choix dans tous les plans de développement de notre pays. Perçu comme un secteur- loco-motive, un intégrateur régional, un générateur d’emplois et un moteur de croissance économique, notre tourisme contribue, en effet, depuis plusieurs décennies, à l’équilibre financier de la balance des réserves de devises de notre pays. Selon le ministère du tourisme, la stratégie du secteur jusqu’à 2016 s’articulera sur 3 fronts : consolider notre compétitivité, améliorer l’arrière-saison et attirer les touristes à revenu élevé. En plus, avec la diversification, notre tourisme se départira, une fois pour toute, des schémas stéréotypés dans lesquels il donne souvent l’impression de s’enliser.

Actuellement, les puissants tour-opérateurs TO européens profitent de notre courte visibilité (30% de nos réservations se font à moins de 28 jours) et de nos surcapacités hôtelières pour arracher des concessions tarifaires et accaparer, à prix bradé, de plus en plus des parts de marché dans le segment désormais controversé du tourisme de masse « lowcost ».

Malheureusement, notre pays véhicule à l’extérieur une image de tourisme de masse axé sur la triptyque classique 3S (Sea, Sun, Sand) c.à.d mer, soleil et sable. C’est pourquoi, depuis 2001, et face à la rude concurrence que se livrent les pays sud- méditerranéens pour capter la clientèle occidentale, nos hôteliers peinent à accroître leurs parts de marché et voient leurs recettes stagner avec un taux d’occupation ne dépassant, selon les années, à peine les 50% ; ce qui fragilise davantage nos hôteliers.

          Comme la performance touristique ne se calcule plus en nombre de touristes mais en volume de recettes, force est de constater que selon l’organisation mondiale du tourisme OIT, la Tunisie est le pays qui réalise dans sa région le moins de recettes par nuitée (7% en 2002) moins que le Maroc (9%), moins que l’Egypte (18%) et bien moins que la Turquie (24%). Cela est dû à notre incapacité à promouvoir une offre alternative durable au balnéaire et à proposer un nouveau profil touristique.

A l’heure actuelle, un nombre important d’hôtels tunisiens connaît une situation financière difficile, imputée en premier lieu à la crise économique mondiale, mais aussi à nos faibles marges bénéficiaires ou bradages, et au manque de la qualité de service malgré le fait que 43,2% de notre tissu touristique sont des hôtels 4 et 5 étoiles contre 35% pour les hôtels 3 étoiles et 21% pour les autres catégories.

 
UN « TASK FORCE » PERMANENT SUR LE TOURISME !

         L’ère du tourisme matérialisé autour d’une belle piscine et de la bonne cuisine est bel et bien révolue, puisque cela est supposé partout acquis. S’ouvrent désormais les années du tourisme intelligent intégrant sites archéologiques, musées, palais historiques, jardins botaniques, et évènements  hors paire… Idem, le tourisme d’aujourd’hui est celui du golf, de santé ou de bistouri, des festivals, des conférences, de l’écologie, de la bio- diversité locale, du terroir authentique… Il s’agit aussi du tourisme oasisien, aventurier, saharien, montagneux, sportif, sanitaire et culturel se basant sur certains sites historiques. C’est tout cela qui fait réellement accroître la fidélisation de la clientèle occidentale et son taux de retour annuel.

D’ailleurs, ce que reprochent ces touristes occidentaux aux hôtels tunisiens consiste en les insuffisances suivantes : manque d’hygiène et de propreté, absence d’une animation appréciée par les touristes occidentaux, aucune écoute des clients en directe ou par Internet (CRM, e- Management, forums) et unicité de l’offre touristique dans toutes nos zones et régions, c'est-à-dire : pas de diversité du produits touristique malgré le changement de cadres et d’hôtels.

Pour y remédier, il va falloir favoriser le tourisme « haut de gamme » et de qualité à l’instar du modèle marocain. Et puis, il faut miser sur la diversification en mettant davantage l’accent sur les offres touristiques alternatives.

Pour ce faire, la formation continue du personnel hôtelier, l’assainissement financier du secteur, l’application d’une nouvelle tarification anti- bradage du produit national et le lancement d’un ambitieux programme de labellisation, faisant de l’éco- et l’agro-tourisme le fer de lance d’une stratégie de reconquête d’une clientèle occidentale, de plus en plus sensible aux valeurs et aux technologies vertes.

Parmi les idées nouvelles est la libéralisation de l’espace aérien qui se profile déjà pour 2010 et qui sera à même de réduire l’emprise des TO sur la destination « Tunisie » et qui permettra la prolifération des programmes « last minute ». Une deuxième idée réside à généraliser sur tout notre tissu hôtelier la réservation et le paiement par Internet. Idem, l’effort publicitaire sur Internet et ailleurs est devenu aujourd’hui incontournable face à la forte concurrence au tourisme international.

 

LE TOURISME VERT : NOUVELLE OPPORTUNITE DE TAILLE  

         La promotion du tourisme vert ou écologique chez nous s’inscrit dans le cadre d’une stratégie générale visant de diversifier notre produit touristique. Etant donné que notre pays se propose, dans les années à venir, de glisser du tourisme de masse vers un tourisme haut de gamme et de qualité, l’éco-tourisme a par conséquent de beaux jours devant lui.

            Avec le tourisme vert, l’on peut surtout atténuer les fortes pressions générées par le tourisme de masse sur l’environnement aussi bien au niveau foncier par l’érosion des côtes qu’au niveau des rejets croissants de déchets solides et liquides.

A ce propos, une étude établie par l’Agence de coopération allemande GTZ sur l’éco-tourisme en Tunisie vient d’identifier au moins 72 sites potentiels pouvant abriter des activités à vocation écologique, en plus des 8 terrains de golf existants et très prisés par les touristes de toutes les nationalités. L’étude énumère parallèlement les activités qui peuvent être exercées dans les aires éco-touristiques. Il s’agit des activités traditionnelles, l’agritourisme (cueillette des olives, fraises et plantes aromatiques, vendanges, caves, ...). D’autres activités sont citées par l’étude de la GTZ : l’observation de la nature (flore, faune terrestre, trekking ou ballades), randonnées équestres, plongée sous marine, Delta plane, spéléologie, escalade….

Bref, pour consacrer notre excellent niveau atteint dans la protection de l’environnement au profit de notre tourisme, il va falloir déclencher le cercle vertueux de l’amélioration continue qui serait tributaire d’accorder à chaque activité touristique la part de la nature qui lui revient, d’agir écologique et de faire usage de plus en plus de technologies vertes dans les hôtels toutes catégories confondues…

 

     INDICATEURS DU TOURISME TUNISIEN (STATISTIQUES 2007)

             ---Nombre d’entrées                                      7 millions              

             ---Rentrée en devises                                     1.5 milliard d’Euros

             ---Part du PIB national                                               6.6%
             ---Nombre d’hôtels                                         850
             ---Nombre de lits                                            230 000           
             ---Emplois à plein temps                               100 000
             ---Emplois saisonniers                                  150 000
 
Bref, même si notre produit touristique est bon, il faut impérativement le parfaire continuellement pour mieux répondre aux désirs de plus en plus exigeants des touristes. Contrairement à ce qu’il y avait il y a 40 ans, le tourisme se joue désormais sur l’innovation et l’imagination intelligente de nouveaux sentiers pas encore battus.

 
Expert journal tunisien magazine presse economique tunisie

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