Le président français a annoncé, il y a quelques jours, qu’il prendrait prochainement des initiatives avec le président de l’Autorité palestinienne pour débloquer le processus de paix au Proche-Orient. Comme il n’a pas donné de précisions à ce sujet, l’attente d’une agréable surprise a caressé l’imagination de tous ceux qui sont épris de paix et de justice. Réaction d’autant plus légitime que Nicolas Sarkozy est considéré comme un des rares chefs d’Etat occidentaux à avoir pris fait et cause pour l’établissement d’un Etat palestinien viable et indépendant, cohabitant avec Israël dans la paix et la coopération. Il l’avait d’ailleurs déclaré sur un ton ferme à l’issue d’une visite mémorable dans la région où il avait également évoqué le problème du Golan, véritable pomme de discorde entre la Syrie et Israël. Il avait fait montre alors d’une courageuse lucidité dans sa vision du conflit israélo-palestinien et israélo-arabe, s’inscrivant dans la grande tradition de la politique arabe de la France telle qu’elle avait été initiée par De Gaulle et poursuivie par Jacques Chirac.
Ce souci d’avancer sur le chemin de la paix, acceptons-en l’augure et accordons à la France le préjugé favorable. Mais il reste quand même un soupçon. Et si cela n’était que des paroles en l’air, justes bonnes pour la consommation à l’adresse du citoyen arabe? C’est que, un autre apôtre de la paix avait douché l’opinion publique de la région de la façon la plus traumatisante. Il s’agit de Barack Obama qui a fait entrevoir dans un discours prononcé au Caire, en juin dernier, les meilleures intentions à l’égard de la cause palestinienne. Des signaux très forts ont été perçus par le monde arabo-islamique. On y décelait une vision civilisationnelle à laquelle l’Amérique ne nous avait guère habitués, et surtout la prise de conscience de la centralité du conflit israélo-palestinien dans le destin du monde. La suite des événements devait montrer que ce n’était que du vent. Un sirocco très desséchant!
Sous l’égide du Bristish Council un stage (1-4 juillet 2009) se tient à un hôtel de Bizerte groupant 33 jeunes ayant répondu aux critères de sélection imposés par le British Council pour réaliser l’action ayant pour thème «Leadership in Community Development»…
Leadership in Community Development
C’est un projet initié par le British Council visant à soutenir des jeunes leaders actifs et dynamiques dans leur communauté, à les aider à mieux comprendre leur rôle de dirigeants et à les soutenir pour agir positivement au sein des institutions dans lesquelles ils travaillent. Dans le cadre de ce projet le British Council a organisé le 26 mai 2009 au sein du siège des scouts tunisiens une journée de sélection pour 60 participants. 33 candidats ont été sélectionnés selon des critères bien déterminés dont notamment:
- Aptitude à travailler effectivement au sein d’une équipe et contribuer au développement des autres.
- Démontrer une compréhension/acceptation de la culture et la diversité de l’autre.
- Démontrer d’excellentes qualités inter-personnelles et avoir une capacité de développer des relations et d’influencer les autres.
- Démontrer une capacité à jouer un rôle actif au sein de la communauté ou l’organisation à laquelle il/elle appartient.
- Prêt à relever les défis.
- Aptitudes à bâtir des relations et des réseaux avec des partenaires de la Tunisie, du monde arabe et du Royaume-Uni.
La formation programmée en Tunisie
Elle comprend trois modules:
- Le premier module (du 1er juillet au 4 juillet 2009) aura pour but de guider les participants à définir leurs propres objectifs et à développer un réseau d’échanges avec d’autres jeunes leaders.
- Le deuxième module se tiendra du 30 septembre au 3 octobre et permettra aux participants de rencontrer leurs homologues écossais et ceci sera de nature à les encourager à renforcer les liens et les connections entre les deux pays.
- Au troisième et dernier module qui se tiendra du 16 au 19 décembre 2009 les futurs leaders ayant déjà acquis l’expérience requise, auront les outils nécessaires pour développer un réseau durable dans leurs institutions…
Point de vue
Bravo pour les efforts louables déployés par les disciples de la Reine Victoria. Mais quel plus apportera cette formation en trois modules pour la Tunisie? La Tunisie ne possède-t-elle pas sa propre stratégie dans le créneau (sans gérance étrangère)? Les compétences tunisiennes ne brillent-elles pas à travers la planète par leur éducation et leur culture et par des programmes confectionnés par des cerveaux tunisiens qui sont avalisés par des organismes internationaux? Le taux de scolarité n’est-il pas au top en Tunisie? Quant au leadership de l’élite de nos cadres, la Tunisie n’a-t-elle pas été toujours une école de formation qui a enfanté Hannibal au faîte de la puissance de Carthage, puis le leader Habib Bourguiba et actuellement le providentiel Président Zine El Abidine Ben Ali? Au sujet des mentalités de l’élite de nos cadres, il suffit de lorgner du côté des prouesses réalisées dans la sphère des technologies up to date pour se rendre compte que la Tunisie est bien armée pour affronter l’ère des outils sophistiqués de la communication?
A notre humble avis le British Council aurait plus de résonnance en Tunisie s’il s’attèle à vulgariser la langue de Shakespeare en multipliant les centres d’études de la langue à travers tous les gouvernorats du pays, car elle est fort prisée par la jeunesse tunisienne et par la même ces foyers culturels contribueront à consolider l’amitié légendaire tissée en lettres d’or entre la Tunisie et le Royaume-Uni…